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"Marrakech, c'est magique ! Actuellement, notre bureau suit dans la Palmeraie, le quartier le plus huppé de la ville, pas moins de sept programmes immobiliers, dont deux s'inscrivent dans des superficies de plus de 100 hectares ! - Frederic Elbar, conseiller fiscal, dirige à Casablanca le très sérieux CMS Bureau Francis Le­ febvre au Maroc. Son enthousiasme pour Marrakech est à la mesure de celui de ses clients. PDG, acteurs, chanteurs, sportifs ou riches retraités, ils accourent tous dans la ville aux murs rouges. Pour eux, Marrakech, c'est à trois heures d'avion de Paris, tout le depaysement de l'Orient, avec en prime une fiscalité aussi douce qu'un loukoum. La famille Agnelli vient de racheter l'immense proprieté et le ter­rain de polo d'un des hêritiers Hermes dans la Palmeraie. Presque voisin, Jean- Rene Fourtou, le PDG de Vivendi, a pris livraison d'une très spacieuse villa bien cachée par son oliveraie. Le baron Albert Frère a préféré, lui, s'installer plus près des golfs (dont it est très friand), tout comme Patricia Coquatrix (toute récente résidente), qui fait les honneurs de sa maison, Dar Olympia, aux lecteurs de Maisons du Maroc de juin 2004. Chan­ceux, Jean-Claude Darmon, l'ex-grand argentier football, achève la décora­tion d'un des derniers palais de la medi­na, tout près de la place Djemaa el-Fna. "Jean-Claude Darmon voulait avoir dans sa rue le numéro un et nous avons été heu­reux de le lui donner", confie Omar el­ Jazouli, le président du conseil commu­nal de Marrakech. Le couturier Jean-Paul Gaultier, le parfumeur Serge Lutens (qui a acheté plusieurs maisons dans la Medina, mais habite dans la Palmeraie), Anne Sinclair et son mari, Dominique Strauss-Kahn, ou encore le ministre Jean- Louis Borloo sont aussi plus ou moins dans les affres des travaux. Une phase délicate dont la durée peut " être tres ex­tensible", avoue Florence Lanzmann, l'épouse de Jacques Lanzmann, le plus célèbre parolier de Jacques Dutronc. Quand nous avons entarné les travaux de noire maison, nods sommes tombés sur un entrepreneur véreux raconte la jeune femme, qui publie ces jours-ci avec son mari un livre opportunêment intitulé "Ma vie commence à Marrakech", (Edi? tions du Rocher). Tous les six mois, l'artisan doublait le montant des devis. Cornme nous ne voulions pas céder à ce chantage, it a fini par s'installer dans notre maison avec toute sa famille. - Finale­ment, tout s'est bien termine pour les Lanzmann. Moins "aventurieres", d'autres celebrités "se contentent" de séjourner a l'occasion dans quelques chambres d'hôtes de rêve, comme le Dar Tamsna ou le Ksar Char Bagh, à 500 ou 800 euros la nuit ! En attendant qu'elles se decident à acheter. "Charles Aznavour s'est fait montrer des dizaines de mai­sons -, jure un ferronnier

de Bab Douk­kala, le quartier des artisans. Johnny Hal­lyday séjourne souvent chez des amis et déjeune chaque fois qu'il le peut (tout comme le frère de Nicolas Sarkozy, vice-president du Medef) chez Daniel Thébaud, le patron de I'auberge du Relais du lac, à 35 kilometres de la ville. La zone semble promise à un avenir touristique, Serge Trigano y commence la construc­tion d'un petit hôtel  

 Une telle folie peut-elle durer ? A Gue­liz, dans le quartier europeen de Marra­kech, se cache le bureau envahi de ma­quettes et de dessins d'Elie Mouyal. Depuis quinze ans, cet architecte maro­cain concoit pour le gotha mondial de l'industrie et de la finance des maisons faisant la part belle aux mate­riaux traditionnels, la paille, la boue et la chaux. "-A Marrakech, it y a toujours eu des engouements en dents de scie. Il y a eu l'ère des pionniers : Saint Laurent, Pier­re Berge, Mireille Darc et Alain Delon.", ex­plique cet homme aux cheveux longs et a la moustache gauloise. "Maintenant, tout le CAC 40 débarque parce que c'est facile d'avoir du personnel, d'y faire des fêtes et des affaires", ajoute l'architecte. qui vient de livrer sa derniere realisation à Albert Frère.

Non contente d?offrir des artisans au maisons d?or, la ville, forte d?une population de 550000 habitants offre aussi des « services sur mesure ».Si trouver me de ménage qui accepte de travailler le dimanche devient mission impossible dans le Luberon, embaucher une cuisi­riiere ou un jardinier pour moins de 200 euros reste au Maroc un jeu d'enfants. Ce qui en fait durant la haute saison, de novembre a mai, l'endroit préfère des organisateurs d'événements pour y fêter anniversaires ou manages les plus chits. Comme celui organise en mai dernier pour les notes de la banquière Fa- tine Layt, proche collaboratrice de Jean- Marie Messier, avec Evence-Charles Coppee, le directeur général de Libération. Mais les extravagances des Européens ne font pas l'unanimité. Le maire et le pi-Net de Marrakech recommandent a leurs hôtes européens de ne pas choquer les Marocains, en évitant les bains de soleil nus sur les terrasses, ou en se débarrassant discrètement de leurs bouteilles d'alcool. Premiers malentendus ? L'une des discussions favorites de certains Français de la Palmeraie, c'est de compa­rer les Writes de leur personnel ou de se plaindre du vol de l'un ou de l'autre de leurs employés. C'est insupportable s'inquiète Florence Lanzmann.Malgré la chaleur écrasante en ce mois de juillet ? 40 degrés a l'ombre ?, Marrakech ressemble a un immense chanties Dans la Palmeraie, les derniers terrains se négocient a prix d'or : quelque 200 000 euros

l'hectare. Et les maisons se vendent comme des petits pains ! Nous avions tire 1 000 brochures pour noire programme de villas El Majal, mais nous n'en avons envoyés qu'une centaine, le reste est encore dans mon bureau, explique a Paris Arnaud de Menibus, le président du conseil de surveillance de Cogedim. Notre vingtaine de maisons se sont vendues par le bouche-a-oreille ou presque. - Elles coiltaient pourtant

en moyenne 1 million d'euros, pour 400 mètres carrés au sol, avec piscine, terrasses et patio, bien stir! A prestations comparables, c'est trois fois moins cher qu'A Saint-Tropez. Sans compter qu'A Marrakech l'heureux acquéreur français qui voudra louer cette maison sera exo­neté d'impôt foncier pendant trois ans. Au-delà, il bénéficiera de toute façon d'un abattement de 40 % et continuera a être impose dans le royaume (et pas dans son pays de résidence). En cas de transmission du bien, ses héritiers n'auront pas de droits de succession a payer !

Pas étonnant si de nombreux Français préfèrent l'achat plaisir fiscalement indolore A Marrakech!Un succès qui n'est pas près des arrêter pronostique Vincent Benvenuti. Cet agent immobilier, comme la plupart de ses confrères, table ces prochaines années sur un afflux considérable de retraites européens au Maroc. S'ils font le choix de devenir résidents fiscaux, ces Français peuvent voir leurs taux d'imposition baisser en moyenne de 30 %. Au consulat de France, on préfère minimiser ce futur exode.. Le nombre de résidents français a Marrakech est passe de 1950 en 2001 près de 3000u, affirme Philippe Toutain, ex-vice-consul de France a Marrakech. Un chiffre officiel auquel il faudrait ajouter quelque 2 000 autres personnes..Souvent des contribuables en délicatesse avec le fist français avoue un Parisien de la médina, venu au Maroc après une retentissante faillite. Pourtant, parmi les célébrités, contrairement a Genève ou au canton de Vaud, peu de Français ont fait officiellement le choix de devenir résidents. Hormis les exceptions de Serge Lutens, le parfumeur, ou de Marcel Chiche, le patron du Comptoir Paris-Marrakech, l'un des endroits les plus branches de la ville (Puff Daddy est un habitué !). Toutefois, de jeunes Français tentent d'implanter leur première entreprise a Marrakech et de profiter de ('aura de certains décorateurs. Comme Geraldine et Rodolf Guilmoto, les fondateurs d'Amira Bougies, une société qui fabrique des bougies artisanales. Leurs créations s'exportent et font les belles nuits des soirées a Los Angeles, Gordes ou Paris! «Mais ces entrepreneurs doivent être plus nombreux, s'inquiète le maire. Marrakech ne doit pas être catalogue comme un ghetto touristique.

 

 

                                             Le Point