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Pour percevoir un peu de l’histoire ancestrale de la ville rouge en quelques étapes !

Avant Marrakech : De la route de l’or à la ville ocre

Car l’identité et la beauté de Marrakech ne peut se comprendre sans connaître l’origine saharienne voire subsaharienne de Marrakech, tant par le peuple qui l’a fondé, que par son organisation. Les joyaux de Marrakech que nous admirons aujourd’hui en sont les vestiges. Les khéttaras (un réseau de galeries souterraines qui drainait l’eau de la montagne, vers Marrakech et la palmeraie - tous les 50 m, on creusait un puits ; les fonds de ces puits étaient connectés entre eux par des galeries- en sont l’exemple et sont issus de cette origine), ce savoir- faire des hommes du désert. Sans cela on ne peut saisir le rayonnement passé et présent de Marrakech, son rayonnement dans l’histoire et sa place stratégique d’oasis, de palmeraie.

Plusieurs explications étymologiques sont proposées pour l’origine du nom de la ville Marrakech. Une première donne l’interprétation le mot Marrakech (Marrakush) viendrait du tamazight « Mour » qui signifie « pays », et « Akouch » qui veux dire « dieu »  : « terre de dieu » ; une autre hypothèse en fait une « terre de parcours » et serait antérieure à la fondation de Marrakech ; enfin une troisième évoque, le « pays des Kouch », guerriers noirs venus d’Aoudaghost, grande ville caravanière de Mauritanie.... Ces diverses interprétations renvoient toutes à la même origine : la bourgade de Ghmat, avant la fondation de Marrakech,  à l’embouchure de la vallée de l’Ourika, capitale régionale, verdoyante bourgade de Ghmat (à l’embouchure de la vallée de l’Ourika) était capitale régionale et étape caravanière sur la route de l’or qui partait de la Guinée, traversait la Mauritanie, pour rejoindre Fès et la côte méditerranéenne.

Ghmat sera conquise en 1058 par une tribu maure originaire de l’Adrar, en Mauritanie, nomadisaient entre le Sénégal et le sud du Maroc et devint en 1053 une puissante armée Maure avec à sa tête Abu Bakr Ibn Omar.

 

1.La Fondation

C’est à son cousin : Youssef Ben Tachfine ; qu’ Abu Bakr Ibn Omar - qui doit retourner en Mauritanie- va devoir confier le campement et sur une mésentente que se créera Marrakech. En effet, la cohabitation difficile avec les Masmuda (tribus locales), l’exiguïté de Ghmat, pousse le nouveau sultan à choisir un site à l’écart ; ce dernier offrant plusieurs avantages : géostratégiques car la plaine, étant dégagée, empêche toute attaque-surprise et permet le contrôle des riches vallées voisines ; la barrière naturelle que constitue L’Atlas, au sud et à l’est et enfin les grandes possibilités d’approvisionnement en eau par la nappe phréatique peu profonde.

 

2.Les Almoravides et les remparts… Les débuts flamboyants de la ville rouge

C’est donc Youssef Ben Tachfine qui fondera, vers 1062 la ville de Marrakech. Elle lui sert de base de départ, de camp retranché, pour la conquête de Fès, du nord du Maroc, puis le sud de l’Espagne. Il étendra son emprise et celle des Almoravides jusqu’aux limites de la Castille, de la Navarre, au comté de Barcelone pour le nord, jusqu’à Alger pour la partie ouest, et sera bordé par l’empire du Mali, l’empire de Ghana, pour la partie sud.

La dynastie des Almoravides est alors en pleine expansion ; leur ville deviendra rapidement un grand centre de développement et d’échanges commerciaux, situé sur la route de l’or, et équidistant de la Navarre et du Mali. De nombreuses mosquées et medersas (écoles de théologie coranique) seront créées et Marrakech s’impose peu à peu comme une métropole culturelle et religieuse influente. Des palais seront érigés avec l’aide d’artisans venus de Cordoue ou de Séville qui exporteront avec eux le style omeyyade. Cette influence andalouse fusionna avec les éléments sahariens voire ouest-africains et fut synthétisée dans une architecture originale totalement adaptée à l’environnement spécifique de Marrakech. La ville devient la capitale de l’Émirat Almoravide. Le rayonnement de Marrakech sera tel, qu’elle donnera son nom à tout le royaume (Maroc venant de la prononciation espagnole « Marruecos »).

C’est également au Sultan Youssef ben Tachfine que l’on doit la construction des remparts de défense entourant la ville. Rallongés de 19 km pendant les dynasties des Almohades et des Saâdiens, les superbes remparts, dont la couleur varie entre le rose et le rouge, sont ponctués par 200 tours carrées (borjs.)

 

3. Des Almohades aux Alaouites, les dynasties se succèdent

Aux Almoravides vont succéder les Almohades au XIIe siècle, les Almoravides seront soit exterminés soit s’exilèrent aux Baléares. Beaucoup d’édifices de la dynastie fondatrice seront détruits mais on doit aux Almoravides (partisans d’un Islam orthodoxe) de nombreux palais et édifices religieux ; la Koutoubia en fait partie, sœur jumelle de la Giralda de Séville. Le rayonnement de Marrakech perdure durant la dynastie Almohade de Cordoue à la Libye. De grands intellectuels comme Averroès sont attirés par la beauté et l’intelligence de construction de Marrakech : ses jardins, ses systèmes d’irrigation…

Au XIIIe siècle c’est l’avènement des Mérinides, la ville est comme endolorie et se voit rattrapée par sa rivale, Fès qui lui vole son statut de capitale. Cela ne durera pas, elle recouvre de sa superbe au XVIe siècle en devenant capitale de l’empire Saadien, particulièrement grâce aux sultans Mohammed El Mahdi et Ahmed al- Mansour Saadi et la fortune gagnée lors de la conquête de Tombouctou. Des palais somptueux voient le jour comme le palais El Badj, réplique de l’Alhambra réalisée de poudre d’or de Chine et d’Afrique. Mais toutes ces merveilles ne sont plus admirables aujourd’hui, la plupart furent détruites lors du règne de Moulay Ismail au XVIIe siècle.

Au XVIIe siècle ce sont les Alaouites qui succèdent aux Saadiens. Le sultan Mohammed III choisit la ville comme lieu de résidence principale car il veut être proche du port de Mogador, alors à son apogée. C’est à Marrakech que sera signé le premier traité d’amitié entre le Maroc et les États-Unis en 1787.

 

4. Marrakech dans l’histoire contemporaine

Au tout début du XXe siècle, en 1900, s’amorcent des années de troubles et de révoltes pour Marrakech après la mort du grand sultan Ba Ahmed. L’affaire de l’assassinat d’un médecin français, le Dr Mauchamp, en 1907, suspecté d’espionnage, donna aux Français l’alibi pour faire pénétrer ses troupes au Maroc. C’est néanmoins à une grande résistance incarnée par Ahmed al- Hiba, fils du grand cheikh Ma El Aïnin que sera confrontée l’armée coloniale française.

La bataille de Sidi Bou Othmane connut la victoire de la colonne Mangin, les Français s’emparèrent de Marrakech et cela instaura le protectorat français au Maroc. 

Pendant les 40 années qui suivirent, le pays vit un progrès économique important grâce au développement par les Français des infrastructures ferroviaires et routières, l’introduction de centrales hydro-électriques, de systèmes d’irrigation et l’introduction de l’éducation nationale. Le quartier commercial et résidentiel de Guéliz, hors médina, fut complété. Le sentiment nationaliste, l’hostilité à la présence française qui consent peu à peu à se défaire de son protectorat marocain en raison du désastre de la guerre d’Indochine et plus tard de celle d’Algérie. Le Maroc devient indépendant en 1956.

 

5. Marrakech aujourd’hui

Aujourd’hui, Marrakech est un haut lieu touristique (voire notre portrait et nos 10 bonnes raisons). La ville rouge vit des beautés que recèle son histoire et de l’artisanat. Recherchée pour son climat, ses structures hôtelières (palaces)son histoire, son dynamisme et le fait que tout y soit possible. L’engouement pour les riads a également boosté l’attractivité de la ville. Avec pratiquement un million d’habitants c’est la quatrième plus grande ville du Maroc après Casablanca, Fès et Meknès. Depuis quelques années elle se développe en périphérie