Parce qu'elles associent verdure et silence, les résidences situées à proximité des golfs attirent de plus en plus d'amateurs de quiétude.
Une maison à soi. Sur un grand terrain. Avec de la verdure à perte de vue et, pour seul fond sonore, un coup frappé dans une balle ou quelques bribes d'une conversation joyeuse. Voilà ce que promettent à leurs clients les promoteurs immobiliers qui ont le privilège d'opérer à proximité des golfs. Leur discours fait mouche chez tous les golfeurs en quête d'un environnement propice à l'exercice de leur passion. Mais il séduit aussi nombre de non-golfeurs à la recherche de quiétude pour leurs vacances ou leur retraite. Du coup, l'engouement pour ces discrets havres de paix attire les investisseurs et les spéculateurs.
« Dans cinq ou six ans, il n'y aura plus de construction neuve sur les golfs en France, affirme Philippe Debon, du cabinet conseil en investissement Golf & Patrimoine. Investir dans l'immobilier golfique n'est pas très risqué, d'autant que c'est un sport en plein développement. » Résultat, en moins de dix ans, le prix de certains appartements et maisons en bordure de golf a parfois grimpé de 40 %. Et la tendance n'est pas près de se tarir. « Plus les constructions sont haut de gamme, plus elles trouvent preneur. Même si les prix des terrains ont augmenté de 50 % et que les logements se sont appréciés de 25 %, nous n'arrivons pas à répondre à la demande », regrette Alban Maurial, un promoteur fortement implanté dans le Sud-Ouest. Les appartements et maisons de prestige qu'il commercialise, à cinq ou dix minutes des golfs de La Barouge, d'Arcachon ou de Lolivarie, se vendent très rapidement, malgré leur prix entre 400000 et 500000 euros, pour une centaine de mètres carrés... Dans le même temps, à Biarritz, sur le golf de Chiberta, une maison de 200mètres carrésen bord de green vient d'être vendue 1,8 million d'euros. « En lisière de golf, les prix montent de 30 % », assure Benoît Verdet, de l'agence Emile Garcin à Biarritz.
Devant cette pénurie, de nombreux golfeurs se tournent vers le soleil garanti de Marrakech, au Maroc, où les prix sont en moyenne 40 % moins élevés qu'en France. En 2011, cette destination coqueluche des Français sera dotée de 10 golfs (il y en a 4actuellement). Les maisons et appartements construits à leurs abords s'y arrachent. Les prix des villas avec piscine du Domaine Royal Palm atteignent 4millions d'euros. Les clients de ce programme, attirés par la perspective d'investir dans un domaine totalement sécurisé, sont prêts à mettre les moyens pour protéger leur patrimoine.
Sans risque, mais beaucoup plus coûteux, les golfs de l'île Maurice ont à leur tour la cote. Les résidences qui les bordent aussi, d'autant qu'elles sont très rares : « Les 70 premiers appartements que nous avons vendus sur plans à Anahita ont trouvé preneur en six heures », se rappelle Nicolas Vaudin, le directeur de Ciel Properties, qui commercialise maintenant 34villas (de 1,5 à 3 millions d'euros) entre mer et golf. « Maurice veut protéger son image. Nous construisons très progressivement. Il y a sur l'île moins de 2500 logements sur les golfs. Le gouvernement n'en prévoit pas beaucoup plus », annonce le promoteur. Alors, à vos marques... |