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Marrakech assiste depuis quelques années à l'arrivée de touristes d'un genre nouveau. Attirés par la sécurité et le climat de la ville, ces nouveaux résidents, en l'occurrence, des retraités appartenant à la classe moyenne, n'ont pas investi dans les "riads". Au début, nous recevions des demandes concernant le bâti de la part de retraités de haute gamme. Aujourd'hui, il y a une vague de retraités issus des couches moyennes qui débarquent et qui cherchent des résidences en copropriété dont le prix se situe entre 50 000 et 100 000 euros.

Les Français représentent 50 à 70% de ces nouveaux arrivants, dit Vincent Benvenuti, un Toulousain ayant créé sa propre agence immobilière à Marrakech.
A quelle catégorie socioprofessionnelle appartiennent ces nouveaux arrivants ? Ce sont des gens qui ont mené une vie active dans le secteur privé ou issus de professions libérales. Mais il n'existe pas de retraités agricoles, car ces derniers sont attachés à leur village et à leur clocher, ajoute M. Benvenuti.

Marrakech n'est donc plus la destination prisée seulement par la Jet, mais elle se trouve aujourd'hui investie par de nouveaux retraités qui ont choisi le climat doux de l'hiver et le fameux abattement fiscal. Rappelons que dans le cadre de la convention de la non double-imposition signée entre Rabat et Paris, les autorités marocaines accordent aux retraités étrangers, devenus résidents marocains, des avantages fiscaux. En effet, ces retraités dont la pension est d'origine étrangère ont droit, sur leur impôt, à un abattement fiscal de 80%.

Du coup, des Français, en particulier ceux qui bénéficient d'une retraite confortable, ont vite saisi l'occasion pour échapper au fisc français par cette nouvelle forme de délocalisation. Les Français étaient au nombre de 2 000 il y quatre ans et ils sont aujourd'hui quelque 3200. Leur nombre a presque doublé pendant cette même période. Ici à Marrakech, ils occupent souvent des métiers tels que l'immobilier et la restauration. Quant aux retraités français arrivés dernièrement, nous assistons aujourd'hui à l'arrivée d'un bon nombre d'entre eux, mais ils restent à l'écart. Pour le moment, il n'existe pas encore un lieu de rencontre pour ces expatriés.

En revanche, pour faire connaissance avec eux, nous organisons chaque année deux pots de rencontre. Le prochain aura lieu au mois d'avril, explique Max Georgandelis, secrétaire général de l'Union des Français de l'étranger.

Mais il y a un autre lieu qui réunit ces nouveaux arrivants, l'église de Guéliz, qui se trouve à deux pas de la mosquée. Certaines familles françaises retraitées qui débarquent ces jours viennent nous demander comme c'est fait dans la tradition de bénir leur maison, indique Père Ivica, curé de l'Eglise catholique de Marrakech, originaire de la Bosnie. Mais ceux qui suivent de près l'arrivée de ces nouveaux "oiseaux migrateurs", disent que les premières cliniques de retraités ne tarderont pas à faire leur apparition.

Mais l'ancienne cité impériale du Sud continue de séduire également les jeunes.
Nous assistons également à l'arrivée de jeunes couples français et cela se vérifie dans l'augmentation du nombre de petits Français que nous recevons dans notre jardin d'enfants, affirme Claudine Bacca, présidente de l'association française pour l'aide aux mères de famille à Marrakech. Aujourd'hui, l'école Victor Hugo est saturée et les responsables prévoient l'ouverture d'un autre établissement scolaire baptisé "Majorelle".

Pendant ce temps, d'autres candidats pourraient suivre. Mais avant de faire le grand pas, ils tâtent le terrain en lançant des messages, comme ceux trouvés sur le site de l'ambassade de France au Maroc.

"Cherche contact français sur Marrakech. Je pars fin mars à Marrakech prospecter et me renseigner pour y pour y créer une société. Si des Français expérimentés peuvent m'aider"